Selon l’observatoire Orchestra/EdV de mai 2026, le marché du tourisme affiche des signes de ralentissement. Si les départs de mai résistent relativement bien, les réservations reculent fortement, notamment sur le long-courrier... Malgré cette prudence des voyageurs, certaines destinations comme l’Albanie, le Canada ou la République dominicaine continuent de tirer leur épingle du jeu.
Des départs en léger recul au mois de mai
À fin mai 2026, les départs affichent une légère contraction par rapport à la même période de 2025. Le nombre de dossiers recule de 1,7 %, tandis que le panier moyen progresse modestement de 0,4 %, atteignant 1 555 euros. Cette hausse limitée permet d’atténuer le recul du volume d’affaires, qui s’établit à -1,3 %.
Après un mois d’avril marqué par une relative stabilité, le marché s’oriente davantage à la baisse en mai, tant en nombre de dossiers qu’en chiffre d’affaires.
La France tire son épingle du jeu
Les performances diffèrent selon les zones géographiques. La France apparaît comme la destination la plus dynamique avec une progression de 6,4 % du volume d’affaires. Cette évolution repose principalement sur la hausse du panier moyen (+7,8 %), malgré un léger recul du nombre de dossiers.
Le moyen-courrier conserve une trajectoire proche de l’équilibre, avec des indicateurs globalement stables.
À l’inverse, le long-courrier poursuit son ralentissement. Les départs chutent de 11,5 % et la hausse du panier moyen (+2,1 %) ne suffit pas à compenser cette baisse. Le volume d’affaires recule ainsi de 9,7 %, faisant du long-courrier le principal moteur du repli observé en mai.
L’Albanie confirme son envol en mai
Le classement des 20 destinations les plus réservées met en lumière des tendances contrastées :
- Dans le bassin méditerranéen, plusieurs marchés progressent, notamment l’Égypte (+4,9 %), la Croatie (+12,6 %) et surtout l’Albanie (+342,6 %), qui signe la plus forte croissance du classement.
- À l’inverse, la Turquie poursuit son décrochage (-26,9 %), tandis que la Tunisie (-5,5 %), le Portugal (-8,1 %) et l’Italie (-2,1 %) enregistrent également des baisses.
- Le long-courrier reste sous tension. Les États-Unis (-34,3 %), le Mexique (-22,7 %) et le Cap-Vert (-12,6 %) pèsent fortement sur les performances de la zone. Quelques destinations résistent néanmoins, à l’image de la République dominicaine (+14 %) et de l’Indonésie (+6,3 %).
Mai 2026 : une demande freinée par les incertitudes
Les réservations demeurent fortement orientées à la baisse et confirment le ralentissement observé depuis plusieurs mois.
Le nombre de dossiers chute de 17,9 %, contre 7 % en avril. Dans le même temps, le panier moyen recule de 4,3 % pour s’établir à 1 632 euros. Conséquence directe : le volume d’affaires accuse une baisse de 21,3 %.
Cette évolution traduit un net affaiblissement de la demande dans un contexte toujours marqué par les tensions géopolitiques, qui continuent d’influencer les comportements de réservation.
Le délai moyen entre la réservation et le départ atteint désormais 63 jours, soit quatre jours de moins qu’en 2025, signe de décisions prises plus tardivement.
La progression des réservations de dernière minute se confirme :
- La part du late booking, correspondant aux réservations réalisées moins de 30 jours avant le départ, atteint 20,3 % contre 18,2 % un an plus tôt.
- À l’inverse, l’early booking poursuit son recul. Les réservations effectuées plus de 90 jours avant le départ représentent désormais 36,5 % des dossiers, contre 41,6 % en mai 2025.
Ces évolutions illustrent une prudence accrue des voyageurs et un raccourcissement progressif des cycles de réservation.
Le long-courrier particulièrement pénalisé
Toutes les zones géographiques enregistrent un recul des réservations :
- La France limite la baisse avec un recul de 15,4 % du nombre de dossiers. La progression du panier moyen (+1,9 %) amortit partiellement le choc, mais le volume d’affaires diminue tout de même de 13,8 %.
- Le moyen-courrier subit une dégradation plus marquée avec une baisse de 18,8 % du volume d’affaires.
- Le long-courrier reste la zone la plus affectée. Les dossiers chutent de 40,6 % et entraînent un recul de 37,5 % du volume d’affaires. La réticence des voyageurs à transiter par les grands hubs internationaux continue de peser lourdement sur cette activité.
Dans le Top 20 des destinations selon l’évolution des réservations en nombre de dossiers entre mai 2026 et mai 2025, seules l’Albanie (+310,3 %) et le Monténégro (+12,1 %) progressent en nombre de dossiers.
La Turquie (-54,2 %), l’Égypte (-34,2 %) et la Croatie (-35,4 %) enregistrent les replis les plus marqués sur le moyen-courrier. Le Maroc (-10,1 %) et le Royaume-Uni (-9,2 %) limitent davantage la baisse.
Sur le long-courrier, Maurice (-33,1 %), le Mexique (-30,7 %) et la Thaïlande (-26 %) figurent parmi les destinations les plus pénalisées.
En volume d’affaires, le constat reste similaire. L’Albanie affiche une progression exceptionnelle (+242,1 %), tandis que l’ensemble des autres destinations du classement recule. La Tanzanie enregistre la plus forte baisse (-48,9 %), devant plusieurs destinations long-courriers également affectées par le contexte international.
Un été 2026 encore en retrait
À fin mai, les réservations pour les départs de juillet et août 2026 restent inférieures aux niveaux observés un an auparavant.
Le nombre de dossiers recule de 10,5 %, contre 8 % à la fin avril. Stable à 2 710 euros, le panier moyen ne parvient pas à compenser cette baisse, ce qui entraîne un recul identique du volume d’affaires (-10,5 %).
La hausse des coûts du transport, alimentée par l’augmentation des prix du carburant, ainsi que les incertitudes géopolitiques, contribuent à maintenir une certaine prudence chez les voyageurs.
Toutes les zones géographiques affichent une évolution négative :
- Le moyen-courrier limite la baisse avec un recul de 9,1 % du nombre de dossiers et de 8,4 % du volume d’affaires.
- La France enregistre une diminution de 11,1 % des dossiers et de 10,2 % du volume d’affaires.
- Le long-courrier reste la zone la plus fragilisée avec une baisse de 20 % des dossiers et de 19,3 % du chiffre d’affaires, confirmant une demande estivale toujours inférieure à celle de 2025.
L’Albanie, le Canada et la République dominicaine résistent cet été
Dans le Top 20 des destinations estivales, la majorité des marchés recule.
L’Albanie (+262,5 %) et le Monténégro (+4,5 %) constituent les seules progressions observées sur le moyen-courrier. À l’inverse, la Turquie (-30,6 %), l’Égypte (-25,8 %) et le Portugal (-18 %) enregistrent les plus fortes baisses.
Le long-courrier présente un profil plus contrasté. Le Canada (+8,9 %) et la République dominicaine (+8 %) conservent une dynamique positive. Les États-Unis (-36,1 %) et Maurice (-18,4 %) subissent en revanche des replis significatifs.
Familles et duos restent majoritaires
Les familles et les duos concentrent encore 82 % des réservations estivales.
Toutes les typologies de voyageurs enregistrent une baisse du nombre de dossiers. Les voyageurs solos affichent le recul le plus important (-15,7 %), tandis que les groupes d’amis limitent davantage la baisse (-7,6 %).
Les solos et les groupes d’amis figurent également parmi les rares catégories bénéficiant d’une hausse du panier moyen, respectivement à 1700 euros et 3 748 euros par dossier.
Du côté des produits, les forfaits résistent mieux que les autres catégories avec une baisse de 9,8 % des dossiers. Les hébergements suivent une tendance proche (-11,8 %), tandis que les circuits accusent le recul le plus marqué (-15,9 %) et voient également leur panier moyen diminuer de 3,9% atteignant alors les 5 823 euros par dossier.
Tirana confirme son attractivité
Le classement des villes les plus réservées évolue peu par rapport au mois précédent. Palma de Majorque gagne néanmoins une place et s’installe sur la troisième marche du podium devant Tunis.
La plupart des destinations restent orientées à la baisse, notamment Héraklion (-18,6 %), Rhodes (-18,3 %) et Djerba (-15,7 %).
Quelques villes affichent toutefois une dynamique positive. Tenerife progresse de 20,7 %, Marrakech de 2,1 %, tandis que Tirana confirme son ascension spectaculaire avec une hausse de 270,2 %, poursuivant ainsi la tendance observée depuis plusieurs mois.