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Economie

Le tourisme médical, un segment en plein essor


Publié le : 10.03.2017 I Dernière Mise à jour : 10.03.2017
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Dubaï mise depuis 2012 sur le tourisme médical, en sélectionnant 42 centres mettant l'accent sur l'accueil de patients étrangers. I Crédit photo © Dubai Health Experience

De plus en plus de personnes n'hésitent pas à se rendre dans un autre pays en vue de se faire opérer ou pour réaliser des examens. Une tendance mise en avant sur le salon IBT.

Pour la première fois, le salon mondial du tourisme ITB de Berlin (8 – 12 mars 2017) réserve une partie de ses vastes allées à ce secteur touristique émergent. Le secteur du tourisme médical, pesant déjà plusieurs milliards de dollars, devrait augmenter de 25% par an sur la prochaine décennie, selon une étude récente de Visa et Oxford Economics.

"La demande grandit en partie à cause du vieillissement de la population, mais aussi du fait d'une classe moyenne croissante dans le monde entier, qui est, par internet, informée qu'il y a des traitements ailleurs pour eux", explique Julie Munro, présidente de la Medical Travel Quality Alliance (MTQUA).

Cité par nos confrères de Skift, le Président du guide de tourisme médical Patients Beyond Borders, Joseph Woodman, affirme que le marché mondial du secteur représente entre 40 et 60 milliards de dollars, pour une clientèle estimée entre 12 et 14 millions de voyageurs. D’après lui, parmi les principaux marchés émetteurs figurent l’Indonésie, les Etats-Unis, ou encore la Chine.

Skift a également interrogé David Vequist, le directeur du Centre for Medical Tourism Research, rattaché à l’UIW de San Antonio. D’après lui, le touriste médical est sans grande surprise plus âgé que la moyenne des visiteurs, dépense beaucoup plus, effectue un séjour plus long, et est également plus féminin. Le spécialiste affirme également que près de 99% des personnes effectuant un séjour à vocation médicale ont déjà fait l’objet d’un diagnostic avant leur départ.

Une diversification géographique croissante

Le tourisme médical est loin d'être la chasse gardée de quelques pays ou de se limiter à des habitants de pays riches allant dans des pays moins chers. Etats-Unis, Turquie, Thaïlande, Singapour, mais aussi Espagne ou Allemagne, la carte de la MTQUA montre des flux dans toutes les directions pour échapper à de longues listes d'attente, accéder à des soins non proposés dans son pays ou trop onéreux.

"Le tourisme médical est vraiment mondial. En Allemagne, beaucoup vont par exemple en Pologne ou en Croatie recevoir des soins dentaires moins chers, mais il y a aussi beaucoup de Russes et d'habitants de la péninsule arabique venant en Allemagne car il y a des hôpitaux de qualité et des soins qu'ils n'ont pas dans leurs pays", illustre Thomas Bömkes, directeur de l'agence de marketing Diversity Tourism.

Le réseau de cliniques ophtalmologiques Worldeye (Dünyagöz), présent d'abord en Turquie, mais aussi en Allemagne et bientôt aux Pays-Bas, affirme accueillir chaque année 50 000 patients étrangers de 107 pays. "Nous travaillons avec des agences (de voyages) et nous offrons des packages complets" avec accueil dès l'aéroport, indique Jacco Vroegop, directeur des cliniques d'Amsterdam et Francfort.

Soins dentaires, chirurgie esthétique, médecine de la reproduction, traitements cancéreux ou cardiaques, rééducation mais aussi examens préventifs, l'offre du tourisme médical est variée. Mais alors que "la culture médicale est différente d'un pays à l'autre", Julie Munro met en garde surtout contre un risque de "sur-diagnostic" pour gonfler la facture.

Outre le premier prérequis d'installations médicales de qualité et celui de bonnes infrastructures, la sécurité du pays joue aussi un rôle pour attirer les touristes médicaux. Face à l'actuelle instabilité en Turquie, Jacco Vroegop envisage que la clientèle optera davantage pour Amsterdam ou Francfort, que pour Istanbul ou Antalya.

Un marché touristique à part entière

Dubaï mise depuis 2012 sur le tourisme médical, se concentrant sur sept spécialités pour lesquelles la ville a les capacités médicales nécessaires sans affecter l'accès aux soins de la population locale et en sélectionnant 42 centres mettant l'accent sur l'accueil de patients étrangers.

"Nous avons lancé une stratégie, une marque, Dubai Health Experience, un site internet et une application mobile" avec les informations officielles, explique à l'AFP Linda Abdulla Ali, consultante pour le Medical Tourism Council de Dubaï. En 2015, 298 000 personnes sont venues à Dubaï pour des soins, dont 30% de pays arabes. "Notre objectif est d'attirer un demi-million de touristes médicaux d'ici 2020", année de l'Exposition universelle à Dubaï, indique Linda Abdulla Ali.

D'autres pays se lancent tout juste, comme le Portugal. "Nous sommes encore en train de préparer notre stratégie", explique Joaquim Cunha du Health Cluster Portugal. Celle-ci repose d'abord sur "un parc moderne d'hôpitaux privés, car nous ne pensons pas que nous pouvons utiliser des hôpitaux publics à des fins de tourisme médical", souligne-t-il.

En Turquie, la compagnie aérienne nationale a trouvé un nouvel argument pour convaincre les plus indécis : en 2015, Turkish Airlines a annoncé qu’elle rembourserait désormais 50% des coûts de transports pour les visiteurs venus recevoir un traitement dans le pays. Une stratégie originale pour relancer sa fréquentation touristique internationale, cette dernière ayant aujourd’hui bien mauvaise mine.

S.T. – Avec AFP

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