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B. Mabille (CWT) : "La France est un marché de grands comptes qui migrent vite vers le online"


Publié le : 11.07.2016
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I Crédit photo Bertrand Mabille, directeur général France, Europe du Sud, Afrique Moyen-Orient et partenariats de Carlson Wagonlit Travel. ©DR

A l'occasion de l'élargissement de ses responsabilités à la zone Afrique Moyen-Orient et aux partenariats, le directeur général de Carlson Wagonlit Travel livre son analyse de la conjoncture.

Tour Hebdo : Comment se répartit l'activité du voyage d'affaires après la vente de Havas Voyages ? 

Bertrand Mabille : Havas Voyages garde les comptes des PME, et Carlson Wagonlit Travel garde les grosses ETI [entreprises de taille intermédiaire, ndlr] et les grands comptes. Ce n'est pas forcément lié au montant du budget de déplacements, mais plutôt au degré de structuration du compte et de la politique voyages.

Quelle est la conjoncture du voyage d'affaires depuis janvier 2016 ?

Elle n'est pas trop mauvaise. On ressent une petite reprise sur le marché français. Mais on observe une chute des prix sur l'aérien. Le tarif moyen du billet d'avion est en baisse, alors que le nombre de transactions augmente légèrement. C'est un effet direct du coût du kérosène. On observe également un effet concurrentiel très vif, avec les autres travel management companies. Du fait de la montée des transactions en ligne, les prix sont bradés et les marges s'érodent fortement.

Quel est le taux de transactions en ligne chez Carlson Wagonlit Travel ?

Il est autour de 55%, avec un taux d'équipement de 70% de nos clients. Le marché français a ceci de particulier qu'il est très avancé en matière de online. Cela tient au fait que des grands acteurs technologiques sont français ou d'origine française, comme KDS, Traveldoo, Amadeus, Egencia. Il y a beaucoup d'ingénieurs dans le digital, et la France est un marché de très grands comptes qui migrent vite sur le online.

Quelle est la situation de l'emploi dans l'entreprise ?

Nous avons engagé un plan de sauvegarde de l'emploi concernant 30 personnes. Ce sont des emplois administratifs, notamment au service finances. Le processus d'information et de consultation est ouvert. En France, les effectifs de Carlson Wagonlit Travel sont d'environ 1 500 personnes.

La perte du compte d'Orange a-t-elle un impact sur l'emploi ?

Ce compte représente 5% de notre volume d'affaires et n'a pas d'impact sur l'emploi. Sa perte sera facilement absorbable.

Vous êtes désormais directeur général de Carlson Wagonlit Travel Afrique Moyen-Orient. Quels sont vos objectifs dans cette zone géographique ?

J'ai la volonté de définir une stratégie de développement pour ce continent. Dans la mesure où les grands hubs aériens mondiaux sont situés au Moyen-Orient, il faut y avoir une présence pour accompagner nos clients et gagner des comptes régionaux.

Quant à l'Afrique sub-saharienne, nous y sommes déjà la TMC la plus présente, via nos agences partenaires. Les cinq compagnies pétrolières majors sont déjà nos clientes et installées en Angola, Nigeria…

Demain, cette zone du monde va connaître une croissance importante. Il faut comprendre le fonctionnement des grands acteurs économiques locaux pour que dans quatre ou cinq ans, ils pensent à nous en tant que TMC. D'ailleurs, je pense que l'activité en ligne s'y développera de façon plus moderne, directement sur le téléphone mobile, sans passer par la porte d'entrée du desktop.

Vous prenez également la responsabilité des partenariats. En quoi cela consiste-t-il ?

Carlson Wagonlit Travel a plusieurs dizaines d'agences partenaires dans le monde, dont certaines portent notre marque. Elles couvrent l'Asie, l'Amérique latine, le Moyen-Orient et l'Afrique, là où nous n'avons pas de filiales en propre. En développant ces partenariats solides, nous comptons nous installer dans des zones à forte croissance économique.

Pour revenir en Europe, que pensez-vous du Brexit et de son impact sur le voyage d'affaires ?

Le Brexit peut générer un trou d'air dans l'économie britannique et réduire les déplacements, avec une petite contagion sur le continent européen, mais cela reste à démontrer. Il y a eu une grosse sur-réaction à l'annonce des résultats du référendum. Nous ne sommes pas à l'abri de l'explosion d'une bulle spéculative. Mais pour le moment, il n'y a pas d'impact direct.

Propos recueillis par Catalina Cueto

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