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  • 24/06/2016
  • 17:00

Transport aérien, formalités, taux de change... Ce qui va changer après le Brexit

Une période transitoire de deux ans s'ouvrira dès que la Grande-Bretagne aura formellement signifié son intention de sortir de l'UE. Revue des conséquences à court et moyen terme.
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A terme, un visa sera nécessaire pour voyager au Royaume-Uni. ©Fotolia

 . Les formalités administratives

A court terme, il n’y aura pas besoin de visa pour voyager au Royaume-Uni. En revanche, le pays n'ayant jamais appartenu à l'espace Schengen, une pièce d'identité en cours de validité doit toujours être présentée au passage de la frontière. Toutefois, la détention d'un visa pourrait devenir obligatoire une fois passés les deux ans de négociations qui s’ouvrent aujourd’hui entre le pays et l’Union européenne.

Le Royaume-Uni pourrait choisir de négocier avec l’Union européenne pour demeurer au sein du marché unique et donc maintenir la libre circulation des personnes, auquel cas un visa ne serait pas nécessaire, ou bien négocier un accord bilatéral avec certains pays européens au cas par cas, dont la France, pour accorder des exemptions de visas touristiques. Le souhait d’exclure certains Etats de l’UE de cette exemption ne serait cependant pas acceptable par Bruxelles.

. Transport aérien : des conséquences à long terme

Si l’impact à court terme de la sortie du Royaume-Uni de l’Europe est faible, les conséquences plus lointaines peuvent être importantes.

Dès aujourd’hui, on constate que le cours de la livre s’effondre par rapport à l’euro, saluant à sa manière la sortie du Royaume-Uni (RU) de l’Union européenne. Pour le passager français, cela signifie que le prix d’un billet de compagnie britannique – un Lyon-New York via Londres, par exemple – sera un peu moins cher. Cette conséquence macro-économique ne touche pas que le transport aérien mais l’ensemble des transactions.

Une conséquence importante pour le passager sera la sortie de la Grande-Bretagne du périmètre de la réglementation EU 261/2004. Les vols depuis un aéroport du Royaume-Uni n'ouvriraient plus automatiquement droit à indemnisation en cas de perturbation (retard important, annulation ou refus d'embarquement). Seront concernés les passagers britanniques mais aussi tous ceux qui effectuent un voyage international via une plate-forme britannique.

Concernant le prix des billets d’avion, on peut s’attendre avec ce divorce à un changement de catégorie des taxes et redevances. Elles sont actuellement classées en domestique, européenne et internationale. Les voyages vers le RU seront plus taxés en catégorie internationale.

Interrogée, Air France-KLM ne voit pas d’impact immédiat : "Le groupe n'a pas d'exposition financière directe au Royaume-Uni et ne dispose pas d'actifs significatifs en livres sterling". Air France est néanmoins très présente en Grande-Bretagne où, exception européenne, l’activité de la compagnie affiche une hausse de 6%. Roissy-CDG/Glasgow est, cette année, une des rares ouvertures de ligne européenne. De même, KLM alimente son hub d’Amsterdam largement avec les passagers des aéroports régionaux britanniques.

IAG, qui détient British Airways mais aussi OpenSkies, seule compagnie d’outre-Manche basée en France, se laisse jusqu’à lundi pour produire une réaction officielle (et compatible avec les contraintes boursières).

La moindre attractivité de la place financière de Londres aura des conséquences directes sur les liaisons aériennes au profit peut-être de Milan, s’il se confirme que ce sera la nouvelle City européenne. Les réseaux aériens européens seront donc impactés mais aussi les faisceaux transatlantiques.

La sortie réelle mettra près de deux ans à s’accomplir, même si le gouvernement britannique souhaite qu’elle intervienne "dès que possible". Le RU va donc quitter le ciel ouvert européen qui permettait d’opérer entre n’importe quelle ville de cet espace. Théoriquement, des droits de trafic devront être négociés et accordés. Un statut très libéral, comparable à celui de la Suisse ou de la Norvège, sera-t-il possible ? Ou sera-t-il au contraire plus restrictif, comme celui de la Turquie ?

Au pire, les droits de neuvième liberté pourraient être remis en question. Ils autorisent un transporteur d'un Etat à assurer un service entre deux points situés sur le territoire d'un autre Etat. Ce cabotage permet, par exemple, à la britannique EasyJet de relier Lyon à Bordeaux ou Paris à Toulouse. La création d’une filiale européenne deviendra difficile car la maison mère, étant hors UE, ne pourra pas posséder plus de 49% du capital.

Un certificat de transporteur aérien devra alors être demandé dans chaque pays de l’UE, à moins qu’une négociation permette de reconnaître une équivalence avec celui délivré par l’autorité de l’aviation civile britannique. Les réseaux actuels des compagnies britanniques risquent de ne pas être pérennes. L’irlandaise Ryanair n’est pas concernée pour ses liaisons avec la (et en) France. En revanche, l’impact risque d’être lourd pour son trafic très important entre l'Irlande et la Grande-Bretagne.

. Des conséquences économiques et financières incertaines

Les marchés financiers ont plongé dès l’annonce du Brexit. La livre sterling est au plus bas depuis 1985 : à 15h, elle s’établissait à 1,3639 dollar, soit une chute de près de 12% en moins d’une journée.

A court terme, cette baisse de la livre ampute le pouvoir d’achat des Britanniques et des 400 000 expatriés dans l’Hexagone, qui pourraient être moins enclins à voyager en France et dans la zone euro dès cet été. A l'inverse, pour les Européens, les vacances en Grande-Bretagne comme les produits britanniques seront moins coûteux. Ce qui peut impacter le trafic des aéroports du Grand Sud-Ouest et de leurs partenaires (agences de voyages, loueurs de voitures, etc.).

Toutefois, la Banque d’Angleterre a d'ores et déjà annoncé l'injection de près de 326 milliards d'euros dans l'économie britannique pour freiner la chute de sa monnaie. Une baisse de son taux d’intérêt directeur – actuellement fixé à 0,5% – est aussi envisagée.

Dans les prochains mois (et les prochaines années), le Royaume-Uni devrait logiquement instaurer des barrières douanières, ce qui fera grimper à terme les prix des produits britanniques. Le pays pourrait tout de même négocier des accords bilatéraux avec l’Union européenne pour établir des conditions économiques privilégiées.

Thierry Vigoureux, Manon Gayet, Florence Brunel

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