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  • 26/04/2016
  • 15:08

Salaires minima dans le tourisme : les syndicats montent au créneau

Les cinq organisations syndicales expliquent pourquoi elles n'ont pas signé d'accord sur les salaires minima.
Tour Hebdo :
                Salaires minima dans le tourisme : les syndicats montent au créneau
Selon les syndicats, le Snav se serait engagé oralement à maintenir le premier groupe de salaire à 3% au-dessus du Smic. ©DR

A la suite de l'échec des négociations entre le Snav et cinq organisations syndicales sur les salaires minima conventionnels, ces dernières ont tenu à réagir et à marquer leur désapprobation dans un communiqué commun.

"Cela fait trois ans que les salaires n'augmentent pas pour les minimas conventionnels négociés en branche. Cette année encore, l'organisation patronale, le Snav, n'a pas souhaité faire d'effort", écrivent les représentants de la CFDT, de la CFE-CGC, de la CFTC, de la CGT et de FO.

Ils poursuivent : "Non seulement, ses représentants n'avancent pas de propositions autres que le rattrapage du Smic de 0,6%, qui est une disposition légale, mais ils ont aussi refusé celles des cinq organisations syndicales de salariés". Pour rappel, les syndicats demandaient une augmentation globale de 2,1% sur les 7 niveaux de salaires minima.

Selon les organisations syndicales, le groupe A, le premier niveau de classification, se retrouve de fait en-dessous du Smic, et le premier niveau "cadre" est en-dessous du plafond de la sécurité sociale.

Elles rappellent l'engagement oral du Snav, il y a quelques années, de maintenir le groupe A à 3% au-dessus du Smic, visant à favoriser l'attractivité des métiers du secteur. "On ne risque pas de rendre le secteur attractif avec des salaires minima aussi bas", s'indigne Sophie Bigogne, représentante de la CGT.

"D'ici à l'actualisation de la grille des salaires au Journal Officiel dans deux à trois mois, je crains que les petites agences ne soient tentées d'embaucher au salaire minimum en-dessous du Smic", regrette Pierre Carpentier, représentant de Force Ouvrière.

Prétexte de conjoncture difficile

Il récuse l'argument du Snav sur les frais de mutuelle obligatoire qui représentent des charges supplémentaires pour les entreprises. "Le Snav a toujours utilisé le même prétexte de conjoncture difficile pour ne pas augmenter les salaires minima depuis 2013, mais les entreprises n'ont jamais reçu autant d'aides, comme le CICE ou la réduction de charges sur les postes jusqu'à 1,3 Smic", explique-t-il.

"Ce sera de plus en plus difficile de recruter. Pour les candidats de formation Bac +4, être payés au Smic, ce n'est pas motivant", souligne-t-il.

Les cinq syndicats ont donc décidé de ne pas signer "la fausse proposition du Snav, jusqu'à ce qu'une grille décente soit assurée, favorable à tous les salariés", indique le communiqué.

"Il n'y a pas eu de négociation, insiste Sophie Bigogne. Dès la première réunion, le Snav a refusé toute demande d'augmentation", conclut-elle.

Catalina Cueto

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