Afin d'améliorer la rentabilité de ses TGV, l’entreprise compte augmenter ses tarifs Pro et restreindre les possibilités d’échange et de remboursement.
Comme une réponse au rapport accablant de la Cour des comptes paru le 23 octobre, qui préconisait l’arrêt du tout-TGV en raison de l’effondrement de la rentabilité des lignes à grande vitesse (lire notre article), une étude interne de la SNCF a fuité ce week-end dans les médias, concernant les mesures envisagées pour remonter les marges de ses TGV.
Les passagers affaires seraient particulièrement dans le collimateur de la SNCF, qui leur imposerait une forte hausse des tarifs, de 12€ en Espace Pro Première et de 6€ pour les abonnements Pro Fréquences. Pour justifier cette augmentation, la SNCF envisage de rendre obligatoire le service de restauration à la place, actuellement optionnel en Espace Pro Première. Seule la ligne Paris-Lille serait épargnée en raison de sa courte durée, qui rend difficile le bon déroulement de ce service.
Cette augmentation permettrait en estimation haute de faire rentrer 15 M€ sur un an dans les caisses du transporteur mais une partie de la clientèle (jusqu’à 25%) pourrait, à la demande de leur entreprise, choisir de voyager en seconde classe pour faire des économies. Le bénéfice estimé ne serait alors plus que de 10 M€. Sans parler des sociétés qui pourraient rebasculer sur l'aérien, et les compagnies low cost notamment, sur certains axes comme Paris-Marseille.
Vers un remboursement limité pour les billets loisirs
Le deuxième volet de mesures concerne les conditions d’échange et de remboursement, et plus particulièrement des billets loisirs en seconde classe. En effet, un nouveau calendrier inspiré de celui d’IDTGV ou des billets Prem's serait introduit, avec la facturation de 15€ pour tout échange entre J-7 et J-2, voire 30€ dans une autre hypothèse. Le remboursement deviendrait, lui, extrêmement limité voire impossible à partir de J-7. Le gain serait ici de l’ordre de 25 M€ par an.
Enfin, la SNCF envisage de supprimer la voiture bar sur les dessertes inférieures à 3h à l’exception de Paris-Lyon. De quoi densifier davantage ses rames et faire une économie supplémentaire de 12 M€ par an.
La marge de manœuvre est toutefois étroite pour la SNCF, les tarifs des billets étant d’ores et déjà perçus comme chers par les voyageurs. Une importante augmentation pourrait à nouveau entraîner un tassement de la fréquentation des TGV alors que les remplissages de ces lignes sont déjà inférieurs aux prévisions initiales, selon le rapport de la Cour des comptes.
Les magistrats préconisaient quant à eux d’intégrer ces liaisons à grande vitesse avec le réseau ferroviaire classique mais aussi avec les offres alternatives de transport, comme l'autocar. Et, mesure choc, ils recommandaient surtout de diminuer progressivement "le nombre d’arrêts sur les tronçons de LGV et de dessertes sur voies classiques et extrémités de lignes".
Stéphane Jaladis