L'attaque suicide n'a pas fait d'autres victimes que le terroriste. Les professionnels du tourisme sont choqués.
L'attaque s'est produite tôt le matin, alors que les transats étaient encore vides. Vers 9h30, un jeune homme s'est approché des parasols de la plage du Riadh Palms, dans la zone touristique de Sousse, en Tunisie. "Les agents de sécurité ont voulu lui demander ce qu'il faisait là. C'est là qu'il s'est fait exploser, très vite", rapporte Makram Halloul, le directeur commercial de l'hôtel, l'un des plus gros de la zone avec 1 300 lits. Il accueille une clientèle européenne ainsi que des Russes. Une quarantaine de Français, principalement clients du TO Voyamar, y résident en ce moment.
"Quelques clients se trouvaient de l'autre côté de la plage. Personne n'a été touché, pas même les agents de sécurité. Même les parasols n'ont pas été endommagés", poursuit le directeur commercial. Seul le kamikaze, un jeune homme de 21 ans originaire de la banlieue de Tunis, est mort. Les forces de sécurité sont à la recherche d'un complice, qui a pris la fuite.
Aujourd'hui, mercredi 30 octobre, une attaque a été déjouée à Monastir. Un homme a été arrêté en possession d'une grande quantité d'explosifs chez lui. D'après le ministère de l'Intérieur, il visait le mausolée de Bourguiba, le premier président de la Tunisie indépendante. Le monument touristique se trouve en plein centre de Monastir, non loin de la marina.
Contrôles accrus à l'entrée des zones touristiques
Pour les professionnels du tourisme, déjà durement mis à l'épreuve, c'est "plus qu'un choc", comme le dit Anis Meghirbi, directeur commercial du groupe Seabel qui compte un hôtel à Port el-Kantaoui, un peu plus au nord du Riadh Palms. "Jusqu'à ce jour, le tourisme était épargné", relève-t-il. "Jusque-là, c'était dans les montagnes, aux zones frontalières. Là, c'est en plein centre de Sousse", s'alarme aussi Karim Jaziri, de la fédération locale des agences de voyages.
Les hôteliers se sont mis en état d'alerte et ont renforcé la sécurité des établissements et des plages. Les contrôles ont été accrus à l'entrée des zones touristiques. La Fédération tunisienne des agences de voyages a appelé ses adhérents à la vigilance, notamment au niveau du matériel roulant. Le Consulat français rappelle quant à lui "la nécessité d'observer des consignes de prudence et de vigilance accrues" et conseille "d'éviter les lieux de rassemblement". Une cellule de crise a été montée au ministère du Tourisme.
"On attend encore la réaction des TO, mais c'est sûr qu'il y aura des conséquences négatives", soupire Karim Jaziri.
Elodie Auffray, à Tunis