Notre expert aérien Thierry Vigoureux décrypte le plan de restructuration de la compagnie, en plusieurs épisodes. Aujourd'hui, il dresse le bilan de la première phase qui s'achève.
Le plan Transform 2015 de redressement d’Air France entre en phase 2. Dès son lancement, il avait été prévu à mi-étape de faire un bilan du premier acte, puis d’envisager d’éventuelles nouvelles mesures nécessaires à la remise à flots de la compagnie.
Dans l’ensemble, les résultats de la première phase collent à la feuille de route, montrant un réel redressement avec une diminution drastique des pertes (résultat net semestriel de -163 millions d’euros contre -793 millions d’euros un an plus tôt). Mais le contexte économique, le coût du carburant, la structure de la compagnie rendent des mesures complémentaires inévitables.
Cette fois, c’est Frédéric Gagey, le nouveau Pdg d’Air France, qui préside le comité central d’entreprise (CCE) pour annoncer les mesures. Le discours a été, bien entendu, soigneusement calé avec Alexandre de Juniac, devenu depuis le 1er juillet dernier, avec le départ de Jean-Cyril Spinetta, Pdg du groupe Air France-KLM.
Entre 2 500 et 2 600 départs volontaires supplémentaires
Le 26 juillet lors des résultats semestriels, M. de Juniac avait d’ailleurs situé le ton de cette phase 2 en indiquant "qu’il n’y aurait toujours pas de départ contraint". Mais il y aura des départs. Ceux-ci seront volontaires, entre 2 500 et 2 600.
C’est sensiblement la moitié des 5 122 départs de la première vague. Les sureffectifs, encore plus criants dès que la productivité s’améliore, restent la faiblesse majeure d’Air France, notamment face à ses concurrents européens Lufthansa et British Airways.
Premier tour de table, le CCE qui s’est tenu le 31 juillet, est le préalable légal à l’ouverture des négociations avec les syndicats métier par métier (pilotes, hôtesses, personnel au sol en escale, maintenance, cargo, etc.). Mi-octobre, les mesures retenues seront présentées à l’ensemble du personnel pour être mises en œuvre en 2014.
Plusieurs branches malades de la compagnie sont concernées, mais celles, jugées aujourd’hui en bonne santé comme l’activité long-courrier, sont aussi intéressées par des mesures pour prévenir toute difficulté à venir.
Nous décrypterons ces prochains jours les principales pistes explorées en vue du redressement. Demain : quel moyen-courrier à Roissy-CDG ?
Thierry Vigoureux