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Destination

Les touristes sanctionnent la Birmanie


Publié le : 31.10.2017 I Dernière Mise à jour : 02.01.2018
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Coup dur pour la destination à nouveau plébiscitée par les touristes ces dernières années. I Crédit photo ©DR

La crise des Rohingyas a de nouveau abimé l'image touristique de la Birmanie, provoquant une chute des réservations voire un boycott de certains marchés. 

C’est un mauvais scénario qui se joue actuellement en Birmanie comme un retour en arrière pour celle qui avait réussi depuis 2011, grâce à l’ouverture politique attendue de longue date, à émerger enfin sur la scène touristique.

Depuis plusieurs mois, l’ouest du pays est en proie à de vives tensions. Fin août, après des attaques de la rébellion rohingya, une minorité musulmane, l'armée a lancé une violente campagne de répression, provoquant la fuite de plus de 580 000 civils rohingyas au Bangladesh voisin.

Des réservations en chute libre

Les reportages relatant la destruction de dizaines de villages réduits en cendres et les témoignages de réfugiés faisant état de meurtres, viols et tortures par les soldats birmans font la Une des médias. De quoi freiner les envies de voyages de milliers de touristes qui plébiscitaient pourtant la destination depuis cinq ans.

Le gouvernement birman tablait encore récemment sur 7,5 millions de visiteurs d'ici à l'horizon 2020, soit deux fois plus qu'actuellement. Et l'année avait bien commencé avec une hausse de 22% par rapport à l'an passé, d'après les chiffres du ministère du Tourisme.

Pour les voyagistes français, 2017 a effectivement été un cru exceptionnel, dans la lignée des trois exercices commerciaux précédents, avec des progressions à deux chiffres, "de l’ordre de 15 à 20% par exemple chez Visiteurs", indique Armelle Le Scaon, directrice de la production. "Depuis trois ans, la croissance était extraordinaire", confirme Jean-Paul Chantraine, président d’Asia "et jusqu’à il y a 15 jours encore très prometteuse pour 2018".

Le spécialiste de l’Asie constatait mi-octobre des réservations cumulées à +18% par rapport à n-1 mais la chute est "brutale" depuis deux semaines. "L’avance n’est plus que de 2 ou 3% et l’année sera négative", prédit Jean-Paul Chantraine. "L’attentisme est très fort", constate Armelle Le Scaon "et on sait déjà que la haute saison très courte, entre janvier et mars, ne fera pas le plein même si sur place les réceptifs ont été réactifs et ont adapté les prix pour rester attractifs". Chez Voyageurs du Monde aussi le ralentissement est perceptible. "Nous avons très peu d’annulation sur des dossiers déjà confirmés mais nos conseillers passent du temps à rassurer les clients inquiets", explique Céline Kern, directrice Asie du voyagiste.

Les circuits se déroulent normalement

Pourtant sur place, les touristes n’ont absolument rien à craindre. Les tensions avec les Rohingyas se déroulent à l’extrême ouest du pays, très loin des zones et sites touristiques. "Les circuits ne sont pas du tout affectés mais on comprend que les images et reportages soient peu engageants", précise Armelle Le Scaon qui constate des reports vers d’autres destinations, comme le Cambodge par exemple.

Si le marché français est attentiste, d’autres, asiatiques notamment, préfèrent annuler voire boycotter purement et simplement. "Quasiment tous les voyages prévus pour le mois d'octobre et novembre ont été annulés à cause de l'instabilité dans le pays, de la situation dans l’Etat Rakhine", a expliqué à l’AFP le directeur de l'agence New Fantastic Travels and Tour à Rangoon. "La plupart des groupes du Japon, d'Australie et d'autres pays asiatiques évoquent des raisons de sécurité et certains Européens ont clairement dit qu'ils boycottaient à cause de la situation humanitaire".

Inquiet de cette désertion, le gouvernement birman a annoncé la formation d’un comité en charge de la question des "touristes internationaux", en lien avec la crise des Rohingyas. Sur son site de Conseils aux Voyageurs, le Quai d’Orsay a émis le 25 septembre une recommandation "conseillant d’éviter de se rendre dans le centre de l’État Rakhine (…) (Arakan), jusqu’à ce que la situation soit stabilisée", tout en rassurant et précisant que "la situation sécuritaire n’a pas évolué dans le reste du pays, notamment dans les principales zones touristiques."

Pascale Filliâtre

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